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Quand l’équipe de France avait implosé : bagarre, grève et sanctions
Tazaghine ReaderSource: www.bladi.net09 juil., 19:16

Quand l’équipe de France avait implosé : bagarre, grève et sanctions

Quand l’équipe de France avait implosé : bagarre, grève et sanctions

- 16h00 - Sport - Ecrit par : Said A.

À l’approche d’un nouveau grand rendez-vous face au Maroc, le souvenir de 2010 revient dans les discussions autour de l’équipe de France. Cette année-là, les Bleus n’avaient pas seulement raté leur Coupe du monde. Ils avaient surtout connu l’une des plus graves crises internes de leur histoire.

La Coupe du monde 2010 reste une plaie ouverte dans l’histoire récente des Bleus. En Afrique du Sud, l’équipe de France de Raymond Domenech avait été éliminée dès le premier tour après un nul contre l’Uruguay, une défaite face au Mexique, puis un revers contre l’Afrique du Sud. Mais le terrain avait vite été éclipsé par une crise interne devenue symbole d’un groupe totalement hors de contrôle.

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Tout part du match perdu contre le Mexique. À la mi-temps, Nicolas Anelka a une vive altercation verbale avec Raymond Domenech. L’affaire sort ensuite dans la presse française. Refusant de s’excuser, l’attaquant est exclu du groupe par la Fédération française de football. Dans son propre récit du Mondial 2010, la FFF rappelle que le séjour des Bleus en Afrique du Sud a été marqué par le renvoi d’Anelka et par le refus des autres joueurs de s’entraîner à Knysna.

La suite bascule dans l’inédit. Le 20 juin 2010, les joueurs français refusent de participer à l’entraînement. Ils remontent dans le bus, rideaux tirés, en signe de protestation contre l’exclusion d’Anelka. Raymond Domenech se retrouve contraint de lire devant les journalistes un communiqué rédigé par les joueurs. L’image fait le tour du monde : l’équipe de France est en grève pendant une Coupe du monde.

Knysna, le point de rupture

La scène est d’autant plus violente qu’elle se déroule en public. Avant le boycott de l’entraînement, Patrice Evra, alors capitaine des Bleus, a une altercation avec Robert Duverne, le préparateur physique. Raymond Domenech doit intervenir pour les séparer. The Guardian, présent sur cet épisode, décrit une équipe en plein naufrage, entre refus de s’entraîner, disputes, démission du directeur délégué Jean-Louis Valentin et rupture totale entre les joueurs, le staff et la fédération.

Il ne s’agit donc pas d’une simple mauvaise ambiance de vestiaire. Knysna devient le nom d’un effondrement collectif. L’équipe de France ne donne plus l’image d’un groupe soudé, mais celle d’une sélection fracturée, où les cadres contestent les décisions, où le sélectionneur perd son autorité et où la Fédération tente de reprendre la main en pleine compétition.

Après l’élimination, la FFF sanctionne plusieurs joueurs. Nicolas Anelka écope de 18 matchs de suspension, Patrice Evra de 5 matchs, Franck Ribéry de 3 matchs et Jérémy Toulalan d’un match. Éric Abidal, également convoqué, n’est pas sanctionné. Ces décisions viennent refermer sportivement l’épisode, sans effacer le traumatisme laissé par cette Coupe du monde.

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Quatorze ans plus tard, Knysna reste un avertissement pour les Bleus. En 2006, l’équipe de France avait aussi traversé des tensions, mais les cadres avaient fini par remettre le groupe dans le sens de la marche jusqu’à la finale. En 2010, au contraire, la crise avait tout emporté : le jeu, l’image, l’autorité du sélectionneur et la confiance du public.

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